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I LA
DYNASTIE DES SAADIENS
Une nouvelle dynastie, celle des Saadiens,
règne sur le Maroc à la fin du
XVIe siècle.

1.1 La montée
des Saadiens
Les Saadiens sont chorfa (descendant du prophète
Mohamed) et sont élus pour lutter contre
les Portugais ce qui rend la légitimité
des Saadiens doublement renforcée par
rapport aux Wattassides.
Leurs origines, les vallées du Draa
et du Souss , leur donnent des assises économiques
et financières solides : ils prennent
possession du fructueux commerce caravanier
du sel et de l'or africains, ils développent
la culture de la canne à sucre orientée
vers
l'exportation ; cela leur permet de se procurer
armes et munitions apportés par les commerçants
génois, espagnols, français et
même portugais jusque dans la région
d'Agadir. Les Saadiens prennent Marrakech comme
capitale.
Voir Arbre généalogique
des Saadien.
II L’INDUSTRIE
SUCRIERE AU TEMPS DES SAADIENS
« Le Makhzen saadien exerçait
un droit éminent sur les fabriques du
sucre et probablement aussi sur les plantations
de canne à sucre. Pourrait-on dire qu’il
allait gérer lui-même directement
les établissements ? … L’exploitation
des sucreries était abandonnée
à des particuliers …
La main d’œuvre était nombreuse
et fort occupée… Dans un ouvrage
célèbre traduit du Portugais,
Gilberto Freyre dit :
« Impossible de faire du sucre sans esclaves,
sans beaucoup d’esclaves … les esclaves
sont les pieds et les mains du seigneur du moulin…
»
On peut affirmer que la main-d’œuvre
employée était en grande majorité,
une main-d’œuvre d’origine
servile noire … On rappelle que de 1591
à 1618, Tombouctou a été
entre les mains de Marocains et , … il
y a eu alors de nombreux envois d’esclaves
au Maroc.
La quasi totalité de la production du
sucre du Maroc était destinée
à l’exportation et les profits
de ce commerce devaient être importants
pour avoir suscité l’un des plus
remarquables efforts de mise en valeur du Maroc
d’autrefois. »
III LA TRAITE TRANSSAHARIENNE
PENDANT LE REGNE DES SAADIENS
« On ne peut pas parler des relations
entre le Maroc et le pays du Soudan (en Afrique
de l’ouest) sans parler des caravanes.
On appelait ces caravanes en arabe « Akbar
»… »
3.1 La traite
transsaharienne
On distingue généralement, au
sein des traites orientales, les traites dites
transsahariennes de celles qui ont affecté
les côtes de la Mer Rouge et de l’Afrique
orientale…
Ainsi cette caravane de captifs apparemment
interminable était saisissante. Des êtres
épuisés, parfois faméliques,
étaient poussés à avancer
plus vite par des gardiens usant de fouets ou
de baguettes… Les esclaves devaient affronter
les périls et les difficultés
d’une traversée à pied de
milliers de kilomètres.
Une légende dorée fut ensuite
fabriquée pour répondre à
la légende noire. Réutilisant
certains fantasmes occidentaux, elle tend à
faire croire que l’esclavage en pays d’Islam
était particulièrement «
doux », sans véritables raisons
économiques et sans conséquences
pour les sociétés d’Afrique
noire ponctionnées par la traite.
3.2 Afrique occidentale et Maghreb
« ...La traite des esclaves suivait ces
différents courants. La traversée
du désert durait, suivant les trajets,
de soixante-dix à quatre-vingt-dix jours.
Outre les dangers créés par les
attaques de pillards, les conditions naturelles
en faisaient une entreprise fort pénible
et dangereuse. Tous y étaient soumis,
mais spécialement les esclaves. Ils marchaient
à pied alors que leurs maîtres
allaient le plus souvent montés. Nus,
ils se trouvaient exposés sans protection
aux rigueurs des vents de sable et aux fortes
variations de température entre le jour
et la nuit. Malades, ils étaient abandonnés.
Si la caravane venait à manquer d'eau
par épuisement de ses réserves
ou par obturation des puits, ils étaient
sacrifiés les premiers… »

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